Moonlight de Barry Jenkins

Moonlight

FRUSTRATION PLASTIQUE

Au sortir d'un tel film, difficile de réellement séparer le fond de la forme. Son importance politique n'est pas sauvé par la plastique de l’œuvre, d'une relative médiocrité. Relative car elle a le mérite de ne pas se contrôler, de lâcher ses coups, aussi violents à l’œil que pour le système vestibulaire, notamment lorsqu'il confond sa caméra avec un shaker pendant une course poursuite. Pourtant, elle donne lieu à de beaux moments, comme la scène ou Juan baigne Chiron. La caméra semble se noyer alors que le jeune garçon, lui, reste à flot, comme si, quelque soit l'image qu'il renvoie ou l’œil qui le regarde, il ne sombre jamais, se relève toujours. Lors de ces petits oasis temporelles, la mise en scène me rappelle à elle mais cela est trop rare. On me fera remarquer, à raison, que le film a une certaine importance politique, Barry Jenkins semble être l'un des successeurs de Spike Lee, redonnant au cinéma une approche afro-américaine, très différente de son aîné. C'est vrai. Mais que dire de plus si ce n'est que le film est important dans l'idée, mais oubliable pour le reste, rendant impossible la critique sur le fond. L’inexistence de la forme se confronte à l'inexistence du développement de l'idée principale : l'homosexualité dans ce milieu. Au final, la narration ne développe qu'une histoire de construction d'un jeune homme dans un milieu pauvre. Frustrant vu la promesse.

 

Categories: Carnet de critiques

Laisser un commentaire